samedi 18 avril 2009

Scrum-ban

Ou comment passer de Scrum au Kanban, une première étape vers le Lean.
Le blog de Corey Ladas regorge d'extraits de son livre notamment cette note qui donne le ton. Le livre est écrit comme un essai.
Kanban est une pratique du Lean, sa métaphore avec l'argent et les billets (bah oui, faut avoir lu la note) exprime bien ce qu'il y a derrière le Kanban:
Des limites et une quantité en circulation. Des limites pour optimiser le système globalement et minimiser le WIP (work in process), une quantité en circulation cohérente car ça ne sert à rien de

  • spécifier plus qu'on ne peut coder
  • coder plus qu'on ne peut tester
  • tester plus qu'on ne peut déployer

C'est un système en flux tiré ou l'on remplace les buffers de temps par des buffers de workflow, même si cela reste du gaspillage au sens Lean mais limité et dont on contrôle la variation.
Le Backlog devient piloté par les évènements fonctionnels plutôt que temporels comme pour Scrum, au rythme du sprint.

Poussé au bout, on arrive au One piece flow.
Dans un système Pull bien régulé, les itérations n'apportent plus de valeurs avec un planning et déploiement continue.

Pour faire le lien entre le Kanban, le flow et la cadence, je vous invite à lire la présentation de Karl Scotland, que j'ai pu voir au spa 2009.

Une anecdote, un retour d'expérience sur les daily Scrum à 15:

Un daily Scrum est la réunion quotidienne d'une équipe Scrum pour échanger autour du Scrum board : synchronisation de l'équipe, remontée d'obstacles, avancement.
Cette réunion a un certain format : 15' debout en cercle, on pose trois questions à chacun (ce qu'il a fait depuis la dernière réunion, ce qu'il va faire et les obstacles qu'il rencontre). 15' c'est pour une équipe Scrum standard entre 5 et 9 personnes.

A 15 cela devient plus difficile de conserver ce format. Pourquoi 15 en une équipe et pas deux équipes Scrum, me direz-vous? Parce que l'équipe l'avait décidé ainsi au cours d'une rétrospective.

Trouver le bon curseur pour la durée de cette mêlée quotidienne était donc difficile: time boxer à 15-20' en restant trop superficiel ou passer à 45' et lasser tout le monde?
Toujours au cours de cette rétrospective, le format a donc été évoqué et la solution choisie était de faire un tour fonctionnel pour l'avancement (ou des user stories pour rester Scrum) et de faire un tour individuel pour les obstacles rencontrés. Ca marchait plutôt bien avec des réunions en 20'.

Il se trouve que ce format de réunion est celui retenu par Scrum Ban dans l'essai de Corey avec des équipes d'une vingtaine de personnes. La zone de confort pour les daily stand up meeting est autour de 25 (et jusqu'à 40/50!).

C'est la force d'une rétrospective et d'une équipe auto gérée qui trouve elle-même sa solution!

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Laurent Morisseau, auteur de ce blog, pour me contacter