lundi 31 janvier 2011

Certified Scrum Coach


Je viens d'être certifié coach Scrum. Nous sommes une quarantaine dans le monde et une poignée de francophones, à ma connaissance le seul français. C'est le résultat d'une démarche de près de 3 ans.

Alors je profite de cette occasion pour dire un mot sur le circuit de certifications Scrum, à l'heure ou certains se posent la question du renouvellement de leur inscription à la Scrum Alliance.

Comment devient-on CSC?

Il faut d'abord passer le CSM (Certified Scrum Master). Et en général on s'arrête là. Souvent décrié, c'est effectivement un bon business pour la Scrum Alliance et les organismes de formations certifiantes, mais également pour une question de vocabulaire à mon avis.
Mon parcours au sein de grandes organisations m'a permis, en autre, de passer différentes certifications avant d'entreprendre celles de Scrum. Des certifications techniques (Microsoft Certified Professional) à des certifications méthodologiques:
  • ITIL, Fondation certificate : 3 jours de formation avec un QCM de 40 questions simples, on sait ou on ne sait pas.
  • CMMI, introduction : 3 jours pour savoir comment lire le livre du CMMI, sans examen, permettant de faire partie d'une équipe d'évaluation SCAMPI.
Ces certifications méthodologiques ne sont pas décriées à ma connaissance, peut être les normes, plutôt reconnues même...Et sont pour moi équivalentes au CSM.
Avec cela, le CSM ne m'a personnellement pas choqué et je ne m'attendais pas à devenir un expert Scrum après 2 jours de formation, certification en poche. Question de vocabulaire, je pense encore. Cela m'assurait surtout une formation dont le contenu avait été validé par d'autres formateurs et avec un formateur expérimenté, ce qui est une assurance importante ces dernières années. Sorti de cette formation, on peut faire partie d'une équipe Scrum, voir être Scrum Master (ou Product Owner si on a suivi la certification) sur des projets simples ou aller plus loin en étant accompagné d'un coach agile. Évidement, le CSM n'est pas nécessaire pour faire cela. On peut suivre d'autres très bonnes formations, lire des livres, expérimenter, ...

L'étape suivante est le CSP (initialement Certified Scrum Practitioner devenu Certified Scrum Professional), pour valider notre pratique Scrum.
Il faut justifier d'une connaissance et d'une expérience opérationnelle Scrum suffisante (volume horaire et retours d'expérience), de lettres de clients pour la justifier, et d'une application form pour l'expliquer (une vingtaine de pages) et une implication dans la communauté agile. Cette application est revue par un groupe de la Scrum Alliance. Lorsque je l'ai passé, nous étions moins d'une dizaine à avoir obtenu le CSP en France comparé aux plusieurs centaines de CSM. Pour moi, le CSP est représentatif d'une certaine expertise pour un Scrum Master.

Et enfin le CSC (Certified Scrum Coach). Même principe, pouvoir justifier de 1500 heures de coaching Scrum (et non d'une d'activité de Scrum Master), avoir des références clients, remplir une application form très axée coaching. Après une revue de groupe, il y en a aujourd'hui 4 dans le monde, on passe un entretien téléphonique avec des CSC. Cette démarche, je l'ai commencé au printemps dernier, envoyé mon dossier en Juillet, passé mon entretien en Janvier avec des CSC américains et reçu ma certification la semaine dernière.

On peut critiquer le CSM si on ne focalise que là-dessus, mais le chemin vers le CSC a pour moi tout son sens si on le regarde dans sa globalité et supporte la comparaison avec d'autres certifications plus institutionnelles. Il permet de poser son crayon, prendre le temps de réfléchir à ce que l'on fait, de formaliser, de mettre le doigt sur des manques, de passer des étapes.

Pour savoir pourquoi le devenir et à quoi cela sert au niveau professionnel, j'ai évoqué le sujet sur le Blog Morisseau Consulting.

Update 19/03 : Pour information, il y a moins d'une demande de CSC sur deux qui aboutie à une certification.

Pour le CST, devenir formateur Scrum certifiant, c'est encore une autre histoire que je ne m'apprête pas à suivre... D'ailleurs j'ai suivi une autre voie reposant également sur une validation par les pairs avec la Fédération Agile.

4 commentaires:

Nicolas De Loof a dit…

Salut Laurent,

je partage les critiques sur la certification Scrum, dans le sens ou - comme tu l'explique très bien - il faut attendre le 2eme ou 3eme niveau pour que ça ai du sens.

Parler de certification pour justifier de 2 jours de formation c'est AMHA dénaturer le concept de certification. Si ce niveau n'existait pas, la certification Scrum aurait sans doute plus de valeur - mais moins de revenus.

Pour comparaison, la certification "Sun Cert. Java Developper" est un examen délicat qui nécessite une lourde préparation. Elle a d'autre défauts, mais au moins traduit une réelle connaissance/compétence

Bruno a dit…

Bonjour Laurent,

Mes félicitations pour ce travail de longue haleine.

J'étais à la base "contre" le CSM et donc je ne m'étais jamais intéressés aux certifications CSC et CST.

Suite à une discussion avec un CSC j'ai un peu revu mon jugement et en tout cas je me suis bcp plus renseignés sur ces certifications (CSP, CST,...)

Je lorgne maintenant vers le CSP et le CST

Je m'intéresse au sujet donc merci bcp pour ce retour d'expérience,

Bye

Bruno.

Philippe a dit…

Hello Laurent,

Bravo pour cette certif. Ce qui me semble important à signaler pour moi qui ne suit pas du tout de l'IT mais qui par contre connais bien les pratiques de formation et de certification est l'exigence qui est mise non pas tant sur la connaissance pure mais la performance notamment au travers des durées de pratiques demandées en amont du cursus. Cette plus anglo saxon comme approche mais peut-être aussi plus "efficient" au sens ou toute connaissance se contruits dans l'action, le reste n'est qu'information... comme le sisais Eintein. Par ailleurs, les dernières recherches en neuro sciences montrent que les apprentisages implicites (et donc non conscients) sont des préalables incontournables à tout apprentissage conscient... Vu sous cet angle peut-être que l'on peut revoir ce cursus différemment. Ce genre d'approche ou le vécu concret in vivo est mis en avant est utilisé dés lors que les exigences de performances sont "vitales". C'est par exemple le cas pour les licences de pilotage avio qui reposent (y compris en France) sur un disposition de ce genre. La différence de perception évoquée réside peut-être dans une différence culturelle lié aux représentations assez différenets que nous avons de l'apprentissage professionnel entre la France (qui reste scolaire pour caricaturer) et les US (qui placent l'expérience et les compétences exercées au centre du dispositif)... Bien à toi

Anonyme a dit…

Bonjour,
j'aimerais savoir si l’examen CSP est totalement anglophone (exam papier et entretien).
Qu'en est t-il des justifications de pratique de scrum. Personnellement, ça me parait difficile pour moi de demander à mes clients d'il y a deux ans, une lettre de justification(PO en interne, client ne savant pas se que c'est SCRUM, etc ...)


Laurent Morisseau, auteur de ce blog, pour me contacter