Je viens d'être certifié coach Scrum. Nous sommes une quarantaine dans le monde et une poignée de francophones, à ma connaissance le seul français. C'est le résultat d'une démarche de près de 3 ans.
Alors je profite de cette occasion pour dire un mot sur le circuit de certifications Scrum, à l'heure ou certains se posent la question du renouvellement de leur inscription à la Scrum Alliance.
Comment devient-on CSC?
Il faut d'abord passer le CSM (Certified Scrum Master). Et en général on s'arrête là. Souvent décrié, c'est effectivement un bon business pour la Scrum Alliance et les organismes de formations certifiantes, mais également pour une question de vocabulaire à mon avis.
Mon parcours au sein de grandes organisations m'a permis, en autre, de passer différentes certifications avant d'entreprendre celles de Scrum. Des certifications techniques (Microsoft Certified Professional) à des certifications méthodologiques:
- ITIL, Fondation certificate : 3 jours de formation avec un QCM de 40 questions simples, on sait ou on ne sait pas.
- CMMI, introduction : 3 jours pour savoir comment lire le livre du CMMI, sans examen, permettant de faire partie d'une équipe d'évaluation SCAMPI.
Avec cela, le CSM ne m'a personnellement pas choqué et je ne m'attendais pas à devenir un expert Scrum après 2 jours de formation, certification en poche. Question de vocabulaire, je pense encore. Cela m'assurait surtout une formation dont le contenu avait été validé par d'autres formateurs et avec un formateur expérimenté, ce qui est une assurance importante ces dernières années. Sorti de cette formation, on peut faire partie d'une équipe Scrum, voir être Scrum Master (ou Product Owner si on a suivi la certification) sur des projets simples ou aller plus loin en étant accompagné d'un coach agile. Évidement, le CSM n'est pas nécessaire pour faire cela. On peut suivre d'autres très bonnes formations, lire des livres, expérimenter, ...
L'étape suivante est le CSP (initialement Certified Scrum Practitioner devenu Certified Scrum Professional), pour valider notre pratique Scrum.
Il faut justifier d'une connaissance et d'une expérience opérationnelle Scrum suffisante (volume horaire et retours d'expérience), de lettres de clients pour la justifier, et d'une application form pour l'expliquer (une vingtaine de pages) et une implication dans la communauté agile. Cette application est revue par un groupe de la Scrum Alliance. Lorsque je l'ai passé, nous étions moins d'une dizaine à avoir obtenu le CSP en France comparé aux plusieurs centaines de CSM. Pour moi, le CSP est représentatif d'une certaine expertise pour un Scrum Master.
Et enfin le CSC (Certified Scrum Coach). Même principe, pouvoir justifier de 1500 heures de coaching Scrum (et non d'une d'activité de Scrum Master), avoir des références clients, remplir une application form très axée coaching. Après une revue de groupe, il y en a aujourd'hui 4 dans le monde, on passe un entretien téléphonique avec des CSC. Cette démarche, je l'ai commencé au printemps dernier, envoyé mon dossier en Juillet, passé mon entretien en Janvier avec des CSC américains et reçu ma certification la semaine dernière.
On peut critiquer le CSM si on ne focalise que là-dessus, mais le chemin vers le CSC a pour moi tout son sens si on le regarde dans sa globalité et supporte la comparaison avec d'autres certifications plus institutionnelles. Il permet de poser son crayon, prendre le temps de réfléchir à ce que l'on fait, de formaliser, de mettre le doigt sur des manques, de passer des étapes.
Pour savoir pourquoi le devenir et à quoi cela sert au niveau professionnel, j'ai évoqué le sujet sur le Blog Morisseau Consulting.
Update 19/03 : Pour information, il y a moins d'une demande de CSC sur deux qui aboutie à une certification.
Pour le CST, devenir formateur Scrum certifiant, c'est encore une autre histoire que je ne m'apprête pas à suivre... D'ailleurs j'ai suivi une autre voie reposant également sur une validation par les pairs avec la Fédération Agile.
