samedi 25 septembre 2010

Lean & Kanban 2010 - Day 2

Deuxième jour de la conférence Lean & Kanban 2010 à Anvers

Keynote
David Anderson a ouvert la journée par une Keynote sur le Kanban. Malgré un peu de recouvrement avec celle d'hier, la session était captivante. Un même constat:  Le Lean existe depuis 15 ans, mais personne ne fait réellement du Lean, éventuellement de l'agilité.

Malgré tout, le Lean a aidé à l'adoption de méthodes agiles puisque son discours touche les décideurs. L'adoption du Lean est très difficile mais reste stratégique, on la vue hier.
Le pull system, qui existe depuis plus de cinquante ans, apparaît comme un catalyseur pour l'adoption d'autres concept du Lean. Il rejoint en cela l'analyse de Mary Poppendieck qui voit le Pull System comme un point d'inflection. Le kanban n'est pas le seul System Pull: on trouve le Drum-Buffer-Rope de la théorie des contraintes, le ConWIP (constant WIP) et le CapWIP (un mix des deux).

Plus spécifiquement, le Kanban  apparaît comme une approche pour provoquer le changement, en mettant des contraintes sur le système, et laisser émerger des concepts Lean au niveau de l'organisation.

Pour lui, le kanban n'est pas une méthode de gestion de projet, ne se place pas au même niveau que Scrum, mais est véritablement un moteur d'amélioration et un agent du changement.

A Kanban Multiverse

Après la session KFC au SPA 2009 et Kanban Experiment au SPA 2010, cette troisième session que je vois de Karl Scotland est plus sur la théorie du management visuel et la visualisation de données.
Le Kanban board est une image de notre processus réel. C'est un modèle. Et l'on sait que "tous les modèles sont faux, certains sont utiles" (George Box) et que cela dépend du contexte. La question est donc : devrait-on rester sur ce modèle, qui est linéaire, pour tous les projets Kanban?
Et si le modèle était en spirale, ne pourrait-on pas appréhender le Kanban comme une approche itérative? Et qu'est-ce qu'apporterait un modèle en mind map, tree map, story map, ...?

Un atelier souvent utilisé en rétrospective est la time-line (la frise du temps pour les francophones). Pourquoi attendre une rétrospective pour créer cette time-line? Xavier nous offre un bel exemple de ce que cela pourrait donner d'un kanban Time Line.

A ce sujet, une équipe que je coach en ce moment avait décidé de mettre les taches d'amélioration continue issues d'une rétrospective directement sur les axes du radar d'équipe plutôt que sur le tableau de tâches. cela leur a permis de prioriser plus naturellement leur travail, cela donnait plus de sens.

Le message est de réfléchir par nous-même dans notre contexte à ce qu'il est utile de suivre, de voir, de persister et comment interagir avec ces données visuelles.

Risk management in Kanban using Real Options

Le titre est trompeur, il s'agissait d'une session sur les Real Options uniquement. Bien que je vois l’intérêt de cette notion et que j'essaye de l'utiliser, je n'accroche pas avec les sessions qui en parlent, pourtant l'orateur écrit un livre dessus.
Rien sur le Kanban, mais j'avais déjà une piste de réflexion à ce sujet avec le livre de Corey Ladas sur le ScrumBan. Le petit plus de la session, une vidéo de Dr House, le roi des Real Options, une raison de plus pour regarder.

Pour les sessions Open Space, j'ai papillonné autour des tables Kanban Game. Ça m'a l'air confus. Lorsque l'on connaît cela n'apporte pas grand chose, et si l'on ne connaît pas le message doit sûrement être un peu noyé.

Using Scrum and Lean to manage Start-up Portfolios in VC's & Private Equities

On peut faire de l'agile en dehors de l'IT, Pierre l'a rêvé, il l'a fait dans une Venture Capital à gérer des starts up. Le portfolio management est la clé pour sortir de l'IT. Son approche: Scrum. Les bénéfices: réduire les risques, avoir une gouvernance agile, produire de la valeur.

Pour en lire un peu plus:

Lean & Kanban - Day 1
Le retour de Guillaume Collic

vendredi 24 septembre 2010

Lean & kanban 2010 - Day 1




En conclusion de la dernière conférence SPA 2010, je souhaitais expérimenter d'autres conférences. Mon choix s'est naturellement porté sur le Lean et le Kanban[1] sur lesquels je travaille particulièrement ces derniers temps. Changement également de point de vue car les sessions Lean et Kanban 2010 sont très axées Business.


L'assemblée est donc plus senior qu'un XP Days ou Agile France, plus management également.

J'ai pourtant retrouvé une partie du petit monde des XP Days Benelux, du SPA, et quelques agilistes français, on se revoit bientot en Belgique...

Pour planter un peu le décor, la conférence a lieu sur le port d'Anvers, avec 200 participants, 14 pays, conférence anglophone avec des speakers de haut niveau: David Anderson, Alan Shalloway (le hasard veut que je suis en train de lire son dernier livre: Lean-Agile software development), Mary Poppendieck, ...

L'agilité, au-delà des projets, au niveau organisation et management est stratégique, et nécessaire à une vrai adoption de celle-ci. On parle d'entreprise Lean, Kanban, Scrum ou Agile, peu importe, l'enjeu est bien là depuis quelques temps déjà. Le constat est que l'agilité a du mal à passer la barrière de l'IT. Quoiqu'on dise, on manque de maturité au niveau organisation et l'on se concentre aujourd'hui sur le portfolio management à l'exemple de la session mobile.de.

Keynote

Alan Shalloway revient sur la portée de l'agilité d'aujourd'hui: équipe projet et business. Mais demain, l'enjeu est bien celui de l'entreprise en notant aujourd'hui tous les anti-patterns agiles que l'on peut y trouver, en rappelant que les vrais difficultés sont plus humaines que techniques.


Guess what? l'avenir de l'agile c'est bien le Lean et le Kanban! ça tombe bien pour une keynote #lkbe.

Le kanban pour le niveau équipe/projet et portfolio en commençant là ou on est avec le Value Stream Mapping, rien de bien nouveau. Une différence tout de même est que le kanban structure le processus avec des règles explicites (la limite sur le travail en cours par exemple) là ou l'auto-organisation, peu laisser place au chaos, sans aller jusqu'au micro management que l'on a connu.
La deuxième partie est un essai sur la définition d'une entreprise Lean (que l'on retrouve avec le Lean Thinking du Lean Software and Systems Consortium) articulée entre:

  • Lean science, les fondations du Lean
  • Lean knowledge stewardship: 
  • Lean management. Il rappelle qu'il faut une culture Lean. Mais qu'une culture d'entreprise est le résultat de son système de management. Que le Lean management est donc primordial et est fondé sur l'apprentissage, l'amélioration continue.
La bonne nouvelle est que si une entreprise Lean peut être un objectif, celui-ci peut être atteint par étape. Mais là elle toute la difficulté:

Agile at scale vs scaling agile
Là ou du Scrum de Scrums tente de répondre au scaling de l'agilité, on peut y voir une somme d'optimisations locales si on n'a pas une vision globale du business, l'agilité à grande échelle.

Poppendieck

Je voulais voir une de ses sessions, et bien c'est fait et j'en suis très content : très bonne oratrice.
Du flux tiré aux technologies de rupture pour arriver à la motivation 3.0. Session un peu éclectique à mon sens mais très riche pour une vision.

Le flux tiré est un point d'inflection stratégique comme l'a été le passage à l'agilité. Les systèmes Push augmentent les variations là ou les systèmes Pull les absorbent (la session d'Anderson sur les classes de services donne une vision plus concrète de ce dernier point).
Une des difficultés des systèmes en flux tiré sont les perturbations qui sont naturellement plus difficiles à stabiliser car le système est fortement couplé. Dans mon retour sur le kanban, je donne un exemple de ce problème imagée par les turbulences que l'on peut visualiser sur les profils hydrodynamiques.

Le propos ici est que les systèmes Pull ne marchent pas sans préparation. Cela peut sembler contradictoire avec les retours que l'on a du Kanban. Quoi préparer? l'environnement pour qu'il renvoi les bons signaux, que l'on identifie rapidement les patterns, que les gens prennent les bonnes décisions. Déjà ce retour vient de l'industrie. Mais sinon, cela veut dire une analyse statistique du système, de l'analyse qualité intégrée à l'équipe, une approche Stop de Line, une liberté d'expérimentation au niveau local: La mise en place du système était la formation.

Et puis là, la session part sur d'autres points d'inflection, les technologies de ruptures et la préparation à cela pour en arriver à la boucle OODA et repartir sur le flow (tiens, on en a pas mal parlé à l'Agile Open France 2010), l'Open Source, la motivation 3.0 et l'économie 3.0. Hétéroclite, n'est-il pas?
Cependant sur l'économie 3.0 (ou comment capter le temps,l'énergie et l'intelligence de personnes créatives) a un certain écho à mes réflexions:
Pourquoi les sociétés de développement logiciel n'arrivent pas à capter l'énergie de développeurs qui après une grosse journée à développer reprennent le chemin du clavier le soir, le week end pour de l'Open source, pour des projets perso, pour du coding dojo, ... On est sur la problématique de cette économie 3.0, de voir ses collaborateurs comme des volontaires et de capter leur motivation.

Puis buffet, rencontre, échange, ah oui, il se prépare encore des choses sur l'agilité qui devrait arriver en 2011. Je propose de prendre le train en marche comme observateur.

Session mobile.de

Une session sur le Kanban pour le portfolio management sous forme de retour d'expérience chez mobile.de. Nécessite de casser les silos, les équipes spécialisées et avoir des petites équipes en mode Pull projet... même constat qu'au sein d'une équipe agile multi disciplinaire.
Qu'au niveau portfolio management, le product backlog projet peut être vu comme une optimisation locale. Lean quand tu nous tiens...

Moins formalisé sur le WIP (Work in Process) que le kanban dev. mais le WIP comme point de départ de discussion sur la capacité de l'entreprise entre business owners ... Le management visuel associé au Kanban board permet d'arriver à des consensus sur la priorisation des projets.
Un problème évoqué ici sur le WIP à ce niveau là est la forte variabilité des items avec des poids et des complexités très différents, le WIP a-t-il alors du sens? Le sens serait de savoir, pour chaque projet, le WIP qu'il représente? cela devient compliqué et sans valeur à ce stade.
Un des grands intérêts de cette session a été la présence de David Anderson et de ses interventions pour comprendre la mise en place d'un flux tiré sans la mécanique des WIP. Car le rythme des entrants était soutenable et ne surchargait pas les équipes.
Une partie de la session a porté sur les différents états du Kanban Board du portfolio:

  • Idea
  • Vision
  • Envisioning
  • Dev (avec un zoom sur un nouveau Kanban Board projet cette fois)
  • Live
Et de son utilisation avec les business owners, le speaker étant à l'origine de cet outils et le facilitateur des réunions.
L'un des grands bénéfices est la compréhension par l'équipe de la priorisation des projets au regard de la stratégie de l'entreprise grâce aux discussions que cela engendrait.

The rise of the Lean machine
Leçon d'innovation sur le format de la session sous forme de bande dessinée avec des planches dessinées par l'orateur...Pour le fond, je n'ai rien appris sur le Lean.

Using classes of services

Il y avait du monde à la session, et pour cause. Sur Lean, il y a Mary Poppendieck, sur Kanban il y a Anderson.
Reprise d'une partie de son dernier livre, mais en live c'est mieux.
J'en retire une meilleure compréhension sur les coûts des délais et les classes de services, et de leur intérêt, notamment pour proposer des SLA.
C'est quoi les classes de services dans le Kanban? Ce sont des typologies de taches sur les kanbans board:

  1. Expedite
  2. Fixed delivery date
  3. Standard class
  4. Intangible class
On peut ventiler les WIP limites sur ces différentes classes de services pour répondre aux mieux à la satisfaction cliente, répondre aux demandes urgentes tout en continuant à délivrer, bref dire oui et tenir ses promesses...

La classe "Intangible", tâche importante mais non urgente, permet d'absorber la variabilité du système.

Un bémol sur l'organisation, impossible de se connecter au wifi... pas de Twitt...Et pourtant d'autres y arrivent?


[1] Kanban : je vois de plus en plus le mot Kanban utilisé pour nommé le tableau de tâches, dans une équipe Scrum par exemple. le Kanban, en tant que processus, va bien au-delà de cela.

Laurent Morisseau, auteur de ce blog, pour me contacter